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L'équilibre relatif (tension et relâchement) du fonctionnement/dysfonctionnement de l’organisation tri-dimensionnelle du tissu myofascial s'évalue en comparant la droite par rapport à la gauche, l'avant par rapport à l'arrière et le haut par rapport au bas.
Le traitement par relâchement myofascial et fascio-ligamentaire fait appel à des techniques directes d'étirement et de pompage et à des techniques directes et indirectes de démêlage dont le but est de provoquer des modifications neuro-réflexes et viscoélastiques sous-jacentes et distantes du point de contact.

CONCEPT HISTORIQUE

Les techniques de relaxation et d'équilibrage myofascial se situent à la base des premières approches de traitement utilisant des techniques manuelles ostéopathiques.
Barber (1898), l'un des premiers diplômés du programme médical révolutionnaire de A.T. Still, décrit ces approches thérapeutiques du patient dans un des premiers livres de techniques ostéopathiques. Tout au long du 20ème siècle ces approches existaient côte-à-côte avec les techniques de mobilisations articulaires mieux connues. Dans la dernière partie du siècle les travaux de Sutherland, Becker, Ward et Chila continuèrent à développer ce concept de réponses neuroréflexives et neuromusculaires.



PROPRIETES NEURO-REFLEXES

Les fuseaux neuromusculaires sont disposés parallèlement aux fibres musculaires squelettiques et les influx afférents augmentent quand le muscle est étiré. Ceci permet au SNC de s'opposer à un étirement donné en faisant alors contracter les fibres musculaires. Le FNM est capable d'augmenter ou de diminuer sa sensibilité à l'étirement selon les exigences imposées par le SNC.

Si la situation exige l'étirement maximal d'un muscle, le mécanisme gamma efférent, qui contrôle le tonus du FNM, va se régler à un niveau de sensibilité inférieur pour permettre au FNM de moins réagir à l'étirement des fibres extra-fusoriales.

A l'inverse, si la situation exige de développer une activité musculaire en salves courtes et rapides, sans étirement important de la fibre musculaire, le contrôle gamma efférent va se régler à un niveau de sensibilité beaucoup plus haut, pour répondre plus rapidement à des étirements peu importants des fibres musculaires.

De temps en temps, lors d'activités inattendues ou trop rapides pour la capacité de réponse du FNM, la différence entre la longueur de repos des fibres fusoriales et celle les fibres extra-fusoriales peut devenir trop importante avec pour conséquence une relation dysfonctionnelle.

Quand il existe ce type de disparité, le système gamma est hyperstimulé et les influx afférents augmentent, entraînant une contraction des fibres extra-fusoriales qui, à leur tour, ramènent le système gamma à son tonus normal de repos.
Le tonus de repos ne s'obtient jamais de cette manière, ainsi une stimulation gamma permanente a pour conséquence un spasme et la dysfonction myofasciale compensatoire qui en découle.
L'incapacité du système gamma à revenir à son tonus normal de repos est un des mécanismes probables de la dysfonction somatique.
Quand on étire un muscle de manière contrôlée, comme dans les techniques de MFR par exemple, on provoque automatiquement une augmentation des influx dans le système afférent connecté au système de contrôle gamma efférent. Si cet étirement est soutenu pendant une longue durée, les neurones moteurs gamma sont dans l'incapacité de provoquer une contraction réflexe des fibres extra-fusoriales.
Comme l'étirement est inférieur au seuil du mécanisme tendineux de Golgi, la surcharge du mécanisme gamma permet de réinitialiser le gain à un niveau inférieur. L'allongement de la matrice extra-fusoriale se fait par les techniques myofasciales et le système gamma peut alors corriger la différence qui était auparavant responsable d'une hyper-contraction des fibres extra-fusoriales. Le retour à un tonus normal de repos permet une synchronisation optimale des mécanismes intra et extra-fusoriaux et des tissus myofasciaux avoisinants.


COMPOSANTS DU TISSU CONJONCTIF

La résistance musculaire à l'étirement n'est que faiblement due aux propriétés neuro-réflexes qui contrôlent la longueur du muscle. Elle est en plus grande partie influencée par la structure du tissu conjonctif que par les éléments myo-fibrillaires. Dans les articulations et autour des articulations, les tissus conjonctifs, qui fonctionnent normalement aussi bien pour limiter que pour favoriser la mobilité, sont les éléments essentiels de restriction de la mobilité.
Les forces de contrainte, de tension et de cisaillement sont à l'origine d'une dysfonction myofasciale qui perturbe cette fonction de mobilité par des modifications de la rigidité et de la viscoélasticité du tissu conjonctif.

Le tissu conjonctif est fait de fibres collagènes, d'élastine et de fibres réticulaires noyées dans une matrice protéo-polysaccharidique, la substance fondamentale.
Le collagène est une protéine fibreuse qui a une résistance à la tension très importante.
L'élastine et les fibres réticulaires sont aussi des protéines mais dont la résistance à la tension est plus faible avec des propriétés élastiques qui permettent au tissu de retrouver sa longueur normale après avoir été étiré.
Quand le collagène a été étiré, il se comporte différemment et il subit une déformation permanente (plastique) sans revenir complètement à sa conformation initiale (c'est le creep).

Les composants cellulaires du tissu conjonctif comportent des cellules à fonction métabolique, immunitaire et inflammatoire comme les fibroblastes, les macrophages et les cellules de la lignée blanche. En tant que composant de l'espace inter-cellulaire, le tissu conjonctif est traversé par des nerfs et des vaisseaux qui en font un lieu d'activité neuro-circulatoire en particulier pour l'inflammation, l'apport métabolique de nutriments et l'élimination des déchets. Les tissus conjonctifs présentent aussi des terminaisons nerveuses nociceptives.


PRINCIPES DE TRAITEMENT

1. Au début et à la fin de toute procédure de médecine manuelle, l'ensemble des tissus de l'organisme est en état d'équilibre; or, cet équilibre peut être inapproprié. Les techniques manuelles détruisent délibérément cet équilibre, pour atteindre un état fonctionnel mieux adapté.
2. Les barrières tissulaires et tout obstacle à la liberté de mouvement, sont évalués lors de la mise en oeuvre des techniques manuelles et sont traitées selon une approche directe ou indirecte. En conséquence, on supprime la barrière ou la raideur ou du moins on réduit considérablement leur influence.
3. A la fin d'une technique de MFR, les barrières sont libérées avec pour conséquence une sensation plus évidente d'équilibre tissulaire et de mouvement inhérent. Cette libération se produit à des intervalles de temps variables, en moyenne au bout de 15 à 30 secondes, (voir 1 à 3mn) et se ressent comme une « fonte » de la tension tissulaire ou un relâchement de la raideur/restriction myofasciale. Ce relâchement peut être lent et mesuré ou rapide et oscillant selon les tissus et les zones du corps traitées.
4. Il est vrai que de nombreuses séquences sont nécessaires avant d'amener l'équilibre myofascial à un niveau qui s'associe à une amélioration clinique de la plainte principale. Ceci peut nécessiter de répéter les séances.


POINT D'ENTRÉE AVEC TENSION, TRACTION ET TORSION

1) L'entrée en contact avec une zone de restriction tri-dimensionnelle maximale constitue un point d'entrée par lequel peut commencer le traitement par MFR.


2. On débute la séquence en récupérant le jeu par mise en tension puis en introduisant une traction et une torsion soit directe soit indirecte.

3. Les techniques peuvent se baser sur un étirement direct le long des plans curvilignes de tension myofasciale (c'est là où intervient la torsion) ou sur des techniques de pompage dans lesquelles on comprime le côté relâché en direction de la barrière et on exerce un pompage léger du côté tendu avec une force de compression rythmique lente. Les techniques de démêlage utilisent des forces tri­dimensionelles, associant des forces directes ou indirectes dans le but de provoquer un relâchement ou un démêlage tissulaire durable. Ce démêlage doit être suivi jusqu'à ce qu'il atteigne un point de repos après quoi les tissus devront être réévalués à la recherche d'une symétrie tri-dimensionnelle. Si l'asymétrie persiste, on doit répéter la technique jusqu'à amélioration de l'équilibre tissulaire.